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Frédéric Jay, rencontre avec un directeur heureux

Frédéric Jay, directeur de l'Udaf04, nous explique ses fonctions et ses missions. Proche de ses salariés, il place l'humain au cœur de son engagement.

Frédéric Jay se définit lui-même comme un couteau suisse. À n’en pas douter, ce dynamique directeur sait partager son enthousiasme et fait de son énergie communicative une force pour l’Udaf04 et pour tous ses salariés.

Cet homme aux multiples compétences est attaché à des valeurs humaines simples et vraies. Il a à cœur d’instaurer et de préserver des relations conviviales et chaleureuses au sein de l’Udaf04.

Rencontre avec un homme heureux, humaniste au service des plus fragiles.

Pouvez-vous expliquer quelles sont vos fonctions et missions au sein de l’Udaf ?

Je suis le directeur de l’ensemble des services de l’Udaf et mon rôle est d’être le chef d’orchestre de ces services pour en permettre le bon fonctionnement. Bien sûr, cela se fait sous l’autorité du CA (Conseil d’administration) qui est la colonne vertébrale de l’Udaf.

Je suis dans l’opérationnalité, pour mettre en œuvre les lignes politiques et les éléments stratégiques de l’Udaf04 mais je suis aussi force de proposition compte-tenu de ce que je peux observer sur le terrain.

Vous avez un exemple ?

Oui, je pense au poste d’animateur de vie sociale dans le cadre de la protection juridique des majeurs. J’avais repéré la forte problématique de la mobilité sur le département des Alpes-de-haute-Provence avec des territoires extrêmement isolés en termes d’offres de transports et de services. J’ai rapproché ce constat de ce qu’une mandataire avait relevé sur le secteur d’Annot et d’Entrevaux et j’ai eu l’idée d’aller vers les gens qui ne pouvaient venir vers nous. Le principe est de proposer aux personnes vulnérables une aide à la mobilité : pour changer des commerces habituels de proximité, pour être accompagné à un rendez-vous médical, pour apporter une aide technique en cas de problème avec une box internet ou pour aller s’inscrire dans un club de loisirs. Nous avons donc répondu à un appel à projet départemental et, après validation par le conseil d’administration, le projet a été déposé. Il a été retenu et nous sommes actuellement en cours de recrutement.

On parle d’un animateur pour combien de bénéficiaires ?

Potentiellement, au cours d’une année, 200 personnes pourraient être intéressées par le service proposé mais on fonctionnera par priorités qui seront formalisées dans le projet d’accompagnement de la personne fourni par le mandataire judiciaire. Cette formalisation est importante pour que les actions gardent du sens et pour éviter un écartèlement des interventions. Il ne s’agit pas que l’animateur soit le pompier de service !

Ça ne me dérange pas d’être un peu couteau suisse !

Quelles sont vos autres fonctions ?

La fonction RH (Ressources humaines) est importante car je suis garant des prises en charge, du service rendu aux usagers et donc de la qualité de travail des professionnels. Certains salariés passent directement pas moi comme pour le PCB (Point conseil budget), le service des mineurs ou l’habitat inclusif à Riez. D’autres, comme les actions familiales ou le service mandataire judiciaire, passent par la cheffe de service ou la coordinatrice. En cas d’absence, je les remplace du mieux possible. Je savais cela et je l’ai accepté en postulant. Cela m’amène parfois à être en contact direct avec les usagers. Ça ne me dérange pas d’être un peu couteau suisse !

Mon objectif est de tout mettre en œuvre pour favoriser des échanges fluides afin de garantir et de sécuriser le parcours des personnes accompagnées par nos services. C’est ma priorité.

Qu’est-ce qui vous rend particulièrement satisfait dans votre quotidien professionnel ?

Et bien justement, c’est quand le parcours des personnes est sécurisé et qu’il y a du sens autour de l’accompagnement qu’on l’on fournit. C’est quelque chose qui me satisfait parce que je me dis que c’est la finalité de notre travail. Au-delà de ça, c’est le travail social et le travail en équipe qui me rendent heureux. C’est plaisant de se dire « Je manage et j’encadre une équipe qui fonctionne bien ». En plus, cela se fait avec une bonne mentalité et dans une ambiance de travail agréable mais cela n’a pas toujours été le cas.

Dans l’ambiance de travail il n’y a pas que le côté ludique et de plaisanterie, il y a aussi l’attention qu’on porte à l’autre

Vous pouvez nous en dire plus ?

Oui, tout cela est le résultat d’un travail de plusieurs mois au cours desquels j’ai dû œuvrer à gagner la confiance des salariés parce qu’on partait de loin.

Lorsque je suis arrivé, en 2022 à l’Udaf04, une étude sur les risques psychosociaux venait d’être menée et faisait ressortir que 80% des problèmes de management, d’ambiance et de difficultés au sein de l’Udaf, relevaient de la direction précédente. J’avais donc un vrai challenge et, même si je connais ma méthode et que j’étais confiant, au début je me suis posé beaucoup de questions. Ça a été un vraie remise en cause. J’ai dû déconstruire des représentations, montrer que j’étais sollicitable facilement et reconstruire une relation de travail. Il m’a fallu du temps, une forte mobilisation et beaucoup d’énergie avec une moyenne de 45 heures de travail hebdomadaires en 2023. On en était au point où personne ne me disait bonjour. Et puis, petit à petit, chacun y a mis du sien et à présent, les salariés viennent me dire bonjour même s’ils arrivent après moi et viennent me dire bonsoir si je pars après eux. Dans l’ambiance de travail il n’y a pas que le côté ludique et de plaisanterie, il y a aussi l’attention qu’on porte à l’autre. Maintenant elle existe et ça, c’est important.

Comment gérez-vous l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?

Ça s’améliore d’autant qu’on a dû traverser un épreuve particulièrement pénible au cours de laquelle nous faisions presque des doubles journées. Je sais que tous les postes à challenge demandent un investissement à un moment donné mais j’ai toujours fait en sorte de me préserver. À présent je peux avoir une activité sportive, la course à pied, qui me permet d’évacuer les tensions.

L’avantage d’habiter dans les Alpes-de-haute-Provence, c’est la proximité avec un pays que j’aime profondément et qui se trouve de l’autre côté de la frontière. Je parle de l’Italie qui, pour moi, est le plus beau pays au monde et dans lequel tout est possible ! Mais j’ai aussi beaucoup de loisirs faits de balades à pied ou en raquettes. Nous avons la chance, mon mari et moi, d’avoir une maison dans la vallée de l’Ubaye ce qui me permet de profiter de la faune environnante. Par ailleurs, je suis aussi un passionné de dessin.

Mais alors, comment devient-on directeur de l’Udaf04 ?

Je suis juriste de formation, avec une licence de droit. Je suis entré dans la protection juridique des majeurs en tant que chef de service. Puis mon parcours m’a mené, outre les associations tutélaires, à faire de la formation professionnelle. Après cela, j’ai pris la direction d’un service mandataire judiciaire. Comme j’avais un parcours dans la formation professionnelle, en tant que responsable de formation des cursus en travailleur social, j’ai voulu, en 2007, passer le CAFDES (Certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissements sociaux). Pour moi, il s’agit de la Rolls des diplômes de directeur. J’ai plus qu’honorablement relevé le challenge et j’ai réussi là où beaucoup disaient que les juristes n’avaient pas leur place car cela était réservé aux travailleurs sociaux. Ça m’a piqué au vif et ça n’a fait que renforcer ma volonté de réussir. J’ai eu la chance d’avoir un bon jury. Ma rapportrice de mémoire, qui a été publié, était la directrice régionale de la Croix Rouge Grand Est et comme président de jury, Jean-Marc Lulier qui était le juriste attitré de ce qui est aujourd’hui la Haute école en santé publique.

Après 18 ans passés sur mon précédent poste de directeur à Paris, j’ai voulu me rapprocher de mon conjoint qui se trouvait en Isère. J’ai fait un temps les navettes entre Paris et la Drôme puis, après l’épreuve du Covid, il était temps que je pense à moi. Un jour, par hasard, nous avons fait une halte à Manosque et je me suis rendu compte que j’aimais beaucoup cette région et que nous pourrions nous y installer. J’ai alors cherché parmi les annonces et j’ai trouvé celle concernant la direction de l’Udaf du 04.

Les alignements de planètes, moi j’y crois

Mais alors, pourquoi l’Udaf ?

L’Udaf, c’est un concours de circonstances car j’ai toujours été proche de l’Unaf et d’Agnès Brousse qui est au siège de l’Unaf et une amie de longue date. Toujours par un concours de circonstances, je me suis lié d’amitié avec Diane Lavallée, curatrice publique du Québec en 2010, et elle-même connaissance d’Agnès. Nous avons œuvré pour sa participation aux Assises nationales PJM en 2010. Ma connaissance de l’Unaf, dans laquelle j’ai quelques bonnes relations, a facilité ma compréhension de l’Udaf. Il faut savoir saisir les choses au rebond.

Mon choix pour l’Udaf a aussi été dicté par le souhait d’être au plus près des familles, que ce soit dans l’accompagnement dont elles ont besoin, la défense de leurs intérêts ou la proposition d’actions à leur intention.

Comment s’organise votre quotidien ? Y a-t-il une journée-type ?

Il n’y a pas de journée-type mais plutôt des tâches-types récurrentes comme : les échanges avec les collaborateurs de proximité, Céline, Nadije, Sophie, Alexandra pour les projets qu’on a en cours, la consultation des mails, les validations. Mais on est sur de l’humain donc il faut s’adapter. Je peux, à tout moment, être sollicité par le Conseil départemental par exemple.

Récemment, nous avons travaillé sur la refonte du projet du service mandataire judiciaire. C’est celui qui balise tout ce qu’on met en place. Mais pour que ça fonctionne, il faut emmener toute l’équipe dans des groupes de travail. Puis nous avons sollicité un DLA (Dispositif Local d’Accompagnement), avec à nos côtés la Ligue de l’enseignement, pour trouver des financements. Par la suite, on va trouver un prestataire afin de finaliser un beau document qui sera notre vitrine. Mais quand on a une équipe qui n’est pas à l’aise à cause des événements et des circonstances et que les salariés n’ont pas confiance en leur direction, on ne peut pas les emmener sur un beau projet de service. On a évacué tout ça et on est prêts pour pouvoir avancer. On ne peut pas forcer en ce domaine car si on le fait, le document ne sera pas appliqué. Pour s’approprier la règle, il faut associer les équipes, c’est ma méthode.

Une anecdote à partager ?

Et bien, comme je le disais, auparavant on ne disait pas bonjour ce qui me posait problème car je suis très attaché au respect des formes et à la loyauté. Cela fait partie de mes valeurs intrinsèques et grâce auxquelles on arrive à tout. Et ce matin, on mettait des bandes de repérage sur le sol et une salariée me dit « Faites attention certains produits peuvent vous tourner la tête ». Voilà, on prend soin, c’est de l’attention envers chacun. Avant, par un mécanisme de protection, il y avait un individualisme qui s’était développé et maintenant il y a une attention à l’autre au quotidien. Nouvelle ambiance pour écrire ensemble une nouvelle histoire de l’Uadf04 !